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Heli Allik :

Estonienne, lauréate Traduction 2016,
pour son projet de traduction en langue estonienne de Mort à Crédit de Louis-Ferdinand Céline,
en résidence du 29 février au 10 avril 2016

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Heli Allik © Art Allik

Heli Allik © Art Allik


 
 

Biographie :

Heli Allik est née en 1973 à Tallinn. Elle a étudié la langue et la littérature françaises à l’Université de Tallinn et de Paris-Sorbonne.
Elle a travaillé, entre autres, comme professeur de langue et littérature françaises, directrice du Centre des Langues de l’Institut Estonien des Sciences Humaines et éditrice en chef des Presses de l’Université de Tallinn. Depuis 1995, elle a publié des traductions de la littérature française, s’intéressant surtout aux auteurs qui expérimentent le français oral et le français écrit, le registre soutenu et le registre parlé. Depuis 2015, elle se consacre pleinement à l’activité traductrice.
 

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Projet en résidence :

« En écrivant son célèbre et scandaleux Voyage au bout de la nuit (1933), Louis-Ferdinand Céline n’était qu´au commencement de ses recherches linguistiques et les principaux traits de son style ne s’y trouvaient qu’en germe. Selon plusieurs spécialistes céliniens, c’est son deuxième roman Mort à crédit, sorti en 1936, qui constitue vraiment son chef d’œuvre.
Texte des origines, marqué par le sceau de l’image maternelle,
Mort à crédit est un parcours initiatique, tout en violence et en émotion, où les souvenirs s’accompagnent des misères et des révoltes de l’enfance. C’est aussi une formidable évocation de Paris au tournant du siècle, drôle et riche de cocasseries irrésistibles, dans un style propre à Céline, fait d’exclamation, cassant la syntaxe traditionnelle, transposant le parler populaire dru et vert dans le langage écrit. Pour un traducteur c’est une aventure stimulante, mais aussi un véritable défi.
En plus, la littérature estonienne est née, sous sa forme écrite, seulement vers la fin du 19ème siècle et dans un milieu éminemment rural. La langue estonienne est jusqu’aujourd’hui une langue de tout juste d’un million de personnes et ne dispose pas de parlures aussi diversifiées que la langue française, forte de sa tradition urbaine millénaire et ses millions de locuteurs francophones. Il faut y ajouter le fait que, ayant longtemps vécu dans l’insécurité culturelle, les estoniens ont toujours de très près surveillé la correction de leur langue littéraire. Ceci fait que l’écart entre les registres oral et écrit, soutenu et relâché, s’y fait clairement moins sentir qu’en français.
Il s’agit donc d’une traduction dont de nombreux éléments sont à inventer et à créer à partir de presque rien. Il serait impossible te compléter le travail durant le séjour au Chalet Mauriac. Mais la traduction littéraire est un métier solitaire qui, nécessitant d’un côté l’isolement, a aussi besoin de se nourrir de rencontres avec les gens, les mots et les choses de la culture traduite. Ainsi, j’espère que la résidence m’aidera à ouvrir et à découvrir les portes souterraines entre les deux langues et arriver, tout compte fait, à un résultat qui ne trahirait pas Céline. »

 

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Bibliographie :

Traduction du français en estonien :

– Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, Varrak, publication prévue en 2017
– Michel Houellebecq, H.P. Lovecraft. Contre le monde, contre la vie, Loomingu Raamatukogu, publication prévue en 2017
– Alain Mabanckou, Verre Cassé, Loomingu Raamatukogu, publication prévue en 2017
– Raymond Queneau, Zazie dans le métro, Tänapäev, publication prévue en 2016
– Mathias Enard, Rue des voleurs, Varrak, publication prévue en 2016
– Boris Tomashevskij, La Nouvelle école d’histoire littéraire en Russie, (dans l’anthologie Kirjandus kui selline par Märt Väljataga), Tallinna Ülikooli Kirjastus, 2014
– Louis-Ferdinand Céline, Entretiens avec le Professeur Y, LR, 2013
– Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Varrak, 2010
– Benoît Delalandre et al, Mon Premier Larousse : Les Dinosaures, Valgus, 2008
– Françoise Sagan, Bonjour, tristesse, Pegasus, 2009
– Hans Christian Andersen, frères Grimm et al Princes et Princesses, Valgus, 2007
– Julia Kristeva, Pouvoirs de l’horreur (extraits), Tänapäev, 2006
– Alain Robbe-Grillet, Djinn, Valgus, 2004
– Roger-Pol Droit, 101 expériences de philosophie quotidienne, Valgus, 2002
– Philippe Djian, 37.2 le matin, Varrak, 2001
– Françoise Sagan, Un peu de soleil dans l’eau froide, Varrak, 1995
 

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